Après un sinistre, l'expertise est l'étape qui détermine le montant de votre indemnisation. Beaucoup d'assurés la subissent sans en connaître le déroulé, et découvrent trop tard les moments où ils auraient pu agir. Voici le parcours type, phase par phase.
1. La déclaration de sinistre
Tout commence par la déclaration à l'assureur, dans les délais prévus au contrat (souvent 5 jours ouvrés, 2 jours pour un vol, 10 jours après un arrêté de catastrophe naturelle). À ce stade, vous décrivez les faits et listez les dommages. Conseil clé : conservez tout — photos avant nettoyage, objets endommagés, factures. Ces preuves serviront pendant toute l'expertise.
2. Le mandatement de l'expert
Pour les sinistres dépassant un certain montant, l'assureur mandate un expert chargé de constater les dommages et de les chiffrer. Cet expert est missionné et rémunéré par la compagnie : il défend, par construction, le point de vue de l'assureur. C'est ici que l'assuré peut décider de mandater son propre expert pour rééquilibrer la discussion.
Vous pouvez faire intervenir un expert d'assuré à n'importe quel moment de l'expertise — y compris dès la visite, pour un constat contradictoire d'emblée, ce qui est souvent plus efficace qu'une contestation après coup.
3. La visite et le constat
L'expert se déplace, examine les dommages, prend des mesures et des photos, puis évalue le coût des réparations. C'est un moment décisif : tout ce qui n'est pas constaté risque de ne pas être indemnisé. Préparez la visite — dommages visibles, devis d'artisans, justificatifs de valeur — et n'hésitez pas à pointer chaque poste de préjudice, y compris les pertes indirectes.
4. Le rapport d'expertise
L'expert rédige un rapport qui chiffre les dommages, applique la vétusté et précise les garanties mobilisées. Vous le recevez, ou en obtenez communication. C'est le document à relire ligne par ligne : surfaces, prix unitaires, taux de vétusté, postes oubliés. Un écart avec vos devis réels est un point de négociation.
5. L'offre puis l'indemnisation
Sur la base du rapport, l'assureur formule une offre d'indemnisation. Tant que vous ne l'avez pas acceptée, elle reste négociable. Une fois l'accord signé, l'indemnité est versée (souvent après une provision intermédiaire). Si votre contrat prévoit la valeur à neuf, une seconde part peut être versée après reconstruction, sur justificatifs.
Où l'assuré peut-il peser ?
| Étape | Levier de l'assuré |
|---|---|
| Déclaration | Constituer un dossier de preuves complet |
| Mandatement | Faire intervenir son propre expert |
| Visite | Pointer chaque poste de préjudice |
| Rapport | Contester vétusté et chiffrage |
| Offre | Négocier avant toute signature |
Ce qu'il faut retenir
L'expertise n'est pas une formalité subie : à chaque étape, l'assuré dispose de leviers. Les deux moments les plus décisifs sont la visite (tout faire constater) et le rapport (tout vérifier avant de signer). Faire intervenir un expert d'assuré tôt dans le processus est généralement plus efficace que de contester une fois l'offre arrivée.