Homme déballant une valise dans un studio meublé loué le temps des travaux après un sinistre
Indemnisation

Frais de relogement après sinistre : la garantie

Quand un incendie ou un dégât des eaux rend le logement inhabitable, la garantie « frais de relogement » finance l'hébergement le temps des travaux. Encore faut-il connaître ses plafonds, sa durée et les frais qu'elle recouvre vraiment.

Mis à jour le 02/11/2026 · Lecture 9 min
Experts d'assuré indépendants Réponse sous 24 h Sans engagement Sources officielles
En bref
  • La garantie frais de relogement (ou « perte d'usage ») figure dans la plupart des multirisques habitation, avec un plafond et une durée propres à chaque contrat.
  • Elle s'active quand le logement est inhabitable, en tout ou partie : faites-le acter par écrit dès la première visite de l'expert.
  • Obtenez un accord écrit sur le budget avant de réserver, et gardez chaque facture.
  • Catastrophe naturelle : un relogement d'urgence est encadré par le Code des assurances (au moins 80 € par jour et par occupant pendant 5 jours).

Peu d'assurés y pensent au moment du sinistre : la plupart des contrats multirisques habitation incluent une garantie relogement. Elle couvre le surcoût d'hébergement quand le logement devient inhabitable, mais son étendue varie fortement d'un contrat à l'autre, et c'est souvent le poste que la première offre de l'assureur oublie ou sous-estime. Voici comment la lire, l'activer et la défendre.

Ce que couvre la garantie relogement

La garantie rembourse des frais réellement engagés parce que vous ne pouvez plus vivre chez vous. Elle ne répare pas le logement (c'est l'objet des garanties dommages), elle compense le fait d'en être privé. Les postes habituels :

PostePrise en charge habituellePoint à vérifier
Hôtel, résidence hôtelière, location meubléeOui, dans la limite d'un plafondPlafond par jour ou global
Loyer d'un logement de remplacementOui, souvent jusqu'à la valeur locative du logement sinistréDépôt de garantie et frais d'agence
Déménagement et réemménagementSelon contratSouvent dans une rubrique « frais annexes »
Garde-meubleSelon contratDurée maximale
Perte de loyers (propriétaire bailleur)Si garantie « perte de loyers » souscriteNombre de mois indemnisés
Repas, surcoût de transportRarement, à vérifierMention expresse au contrat
Clôture et réouverture des compteurs, frais de dossierParfois dans les frais annexesJustificatifs à conserver

Le calcul se fait en principe sur la valeur locative de votre logement sinistré : un hébergement plus cher n'est remboursé que jusqu'à cette limite, sauf clause plus favorable. Pour un propriétaire occupant, on parle souvent de « perte d'usage » : il ne paie pas de loyer, mais l'assureur lui verse l'équivalent de ce qu'il devrait débourser pour se loger ailleurs.

Quand le logement est-il « inhabitable » ?

C'est la question qui conditionne tout. Le contrat parle d'impossibilité d'occuper les lieux, sans toujours en donner une définition précise. En pratique, l'inhabitabilité est retenue quand l'occupation présente un risque ou qu'une fonction essentielle du logement est perdue :

  • sécurité : plafond effondré ou menaçant, installation électrique coupée ou dangereuse, structure fragilisée ;
  • salubrité : humidité généralisée, odeur de fumée imprégnée, moisissures après un dégât des eaux ;
  • fonctions essentielles : plus de cuisine, plus de salle d'eau, plus de chauffage en hiver, chambre unique hors d'usage ;
  • travaux : assèchement, désamiantage ou reprise lourde qui imposent de quitter les lieux.
À retenir

Une inhabitabilité partielle peut suffire : une famille de quatre qui ne dispose plus que d'un salon n'occupe pas normalement son logement. Demandez à l'expert de mentionner noir sur blanc, dans son compte rendu, les pièces inutilisables et la durée prévisible des travaux.

Plafonds, durée, franchise : ce qu'il faut lire au contrat

Ouvrez les conditions générales à la rubrique « frais et pertes », « frais annexes » ou « garanties complémentaires », puis les conditions particulières, qui fixent les montants. Les clauses qui font la différence :

ClauseFormulations fréquentesCe qu'elle change
PlafondMontant en euros, pourcentage du capital mobilier ou nombre d'indicesLe total remboursable, tous frais confondus
Durée« Pendant la durée normale des travaux », souvent limitée à 1 anLa date à laquelle la prise en charge s'arrête
Base de calculValeur locative, loyer payé, frais réelsLe plafond par mois ou par nuit
Accord préalable« Avec l'accord de l'assureur »Le risque de refus des frais engagés sans validation
FranchiseFranchise générale du sinistre ou franchise propreUne éventuelle double déduction à repérer
Frais déduits« Déduction faite des économies réalisées »Le loyer que vous ne payez plus est retranché

Cette dernière clause est logique mais souvent mal appliquée : si vous êtes locataire et que votre bail est suspendu ou résilié, l'assureur déduit le loyer que vous n'avez plus à payer. Si vous continuez à payer votre loyer pendant les travaux, rien ne doit être déduit.

Catastrophe naturelle : le relogement d'urgence encadré

Depuis la réforme du régime des catastrophes naturelles, le Code des assurances encadre un relogement d'urgence pour les occupants dont la résidence principale est rendue inhabitable par l'événement. Ses règles sont plus précises que celles des contrats ordinaires :

  • 5 jours consécutifs pris en charge à compter de la déclaration du sinistre, dans les limites du contrat mais au moins 80 € par jour et par occupant (article A125-5) ;
  • une prolongation si vous ne pouvez toujours pas réintégrer votre habitation principale, dans la limite de 6 mois à compter du premier jour de relogement et du temps nécessaire aux travaux (article A125-5-1) ;
  • un plafond égal à la valeur locative pour le propriétaire occupant, et aux loyers charges comprises pour le locataire ou l'occupant à titre gratuit ;
  • pour le locataire dont le bail a pris fin à cause du sinistre, la prise en charge du surcoût d'un logement comparable, dans la limite de trois mois.

Ce relogement d'urgence suppose que l'état de catastrophe naturelle soit reconnu par arrêté. Pour le reste de la procédure, voir notre article sur la franchise catastrophe naturelle et la fiche officielle Catastrophe naturelle ou technologique : indemnisation par l'assurance.

Déménageurs plaçant une commode protégée dans un box de garde-meuble pendant les travaux
Déménagement et garde-meuble pendant les travaux : des frais souvent couverts, à condition d'être prévus au contrat et justifiés.

Locataire, propriétaire, bailleur : qui est couvert ?

La garantie suit le contrat de l'occupant, pas celui du propriétaire des murs. Selon votre situation :

  • Locataire : votre multirisque habitation finance votre hébergement, quelle que soit l'origine du sinistre. Si le logement est totalement détruit, le bail peut prendre fin et vous cessez de devoir le loyer ; s'il est seulement partiellement inutilisable, une diminution du loyer peut se discuter avec le bailleur.
  • Propriétaire occupant : vous êtes indemnisé de la perte d'usage, généralement sur la base de la valeur locative de votre bien.
  • Propriétaire bailleur : vous ne relogez pas le locataire, mais vous pouvez perdre des loyers. Seule une garantie « perte de loyers », dans votre contrat propriétaire non occupant ou multirisque, compense ce manque.
  • Copropriétaire : si le sinistre vient des parties communes, votre assureur vous reloge puis exerce un recours. Voir notre guide sur le sinistre en copropriété.

Activer la garantie : les étapes

  1. Déclarez le sinistre dans le délai du contrat (au moins 5 jours ouvrés) en signalant d'emblée que le logement est inhabitable.
  2. Demandez le plafond et la durée de votre garantie relogement, par écrit, et la procédure de l'assureur (certains réservent eux-mêmes l'hôtel).
  3. Faites acter l'inhabitabilité par l'expert lors de sa première visite, pièce par pièce, avec la durée prévisible des travaux.
  4. Obtenez un accord écrit sur le budget avant de signer une location ou de réserver plusieurs semaines d'hôtel.
  5. Conservez toutes les factures : hôtel, bail provisoire, déménageur, garde-meuble, et adressez-les au fil de l'eau, pas en fin de dossier.
  6. Prévenez l'assureur si les travaux dérapent (retard d'entreprise, séchage plus long) : la prolongation se demande avant l'échéance, devis et planning à l'appui.
Relogement refusé ou sous-évalué ?
Un expert d'assuré fait reconnaître l'inhabitabilité et chiffrer les frais réellement dus.
Devis gratuit

Exemple : dégât des eaux dans un T3

M. et Mme R., locataires d'un T3 avec deux enfants, subissent une fuite importante venant de l'appartement du dessus. Plafonds de deux chambres et de la salle de bains effondrés, électricité coupée par sécurité. L'expert estime à 8 semaines l'assèchement et les travaux. Le loyer est de 950 € par mois et le contrat prévoit un plafond relogement de 6 000 € sur 12 mois maximum.

Exemple chiffré
  • Hôtel les 6 premières nuits (deux chambres) : 720 €
  • Location meublée 7 semaines (le bailleur suspend le loyer) : 2 450 €
  • Déménagement partiel et garde-meuble 2 mois : 680 €
  • Loyer non dû pendant la période : − 1 900 € (économie déduite)
  • Prise en charge au titre du relogement : 1 950 €, sous le plafond de 6 000 €.

Première offre de l'assureur : 1 200 €, au motif que le garde-meuble « n'était pas nécessaire » et que l'hôtel aurait dû se limiter à une chambre. Le couple produit le compte rendu de l'expert listant les pièces inutilisables et l'accord écrit obtenu pour la location. L'écart se règle sur pièces, sans procédure. Sans ces deux documents, il aurait été perdu.

Les refus fréquents et comment y répondre

Motif avancé par l'assureurRéponse à apporter
« Le logement reste habitable »Constat écrit des pièces et fonctions perdues, photos, attestation de l'électricien ou du plombier
« Frais engagés sans accord »Preuve de la demande d'accord (mail, appel confirmé par écrit) et caractère raisonnable des dépenses
« Hébergement trop cher »Comparaison avec la valeur locative et avec l'offre disponible localement à la même date
« Durée des travaux dépassée »Planning de l'entreprise, retard non imputable à l'assuré, demande de prolongation datée
« Garantie non souscrite »Relecture des conditions générales et particulières, y compris les frais annexes

Si le désaccord persiste, adressez une réclamation écrite au service clients puis, à défaut de solution, saisissez la médiation de l'assurance, gratuite. Le relogement se négocie rarement seul : c'est un poste de l'ensemble du dossier, avec les dommages au bâtiment et au mobilier. Si l'offre globale vous paraît basse, une contre-expertise habitation permet de reprendre tous les postes, relogement compris. Pour les spécificités des fuites, voir notre page dégât des eaux.

Questions fréquentes

L'assureur peut-il m'imposer un hôtel loin de chez moi ?
Le contrat fixe un plafond, pas un lieu. Si l'hébergement proposé vous éloigne de votre travail ou de l'école des enfants, demandez par écrit une solution équivalente plus proche, dans la limite du même budget. Un logement comparable au vôtre (nombre de pièces, cuisine pour une famille) est un argument recevable.
Puis-je être relogé chez un proche et être indemnisé ?
La garantie rembourse des frais réellement engagés, sur justificatifs. Si vous êtes hébergé gratuitement, il n'y a en principe pas de frais d'hébergement à rembourser. En revanche, certains surcoûts (transport, repas, garde-meuble) peuvent rester couverts selon le contrat : demandez à votre assureur ce qu'il retient.
Le relogement est-il couvert si le sinistre vient de chez le voisin ?
Oui, votre propre contrat habitation joue d'abord, quelle que soit l'origine du sinistre, selon ses garanties. Votre assureur se retourne ensuite contre le responsable ou son assureur. Vous n'avez pas à attendre que les responsabilités soient tranchées pour être relogé.
Combien de temps dure la prise en charge ?
La durée est fixée par le contrat : souvent quelques mois, parfois un an. Elle s'arrête en général à la fin du délai nécessaire aux travaux. Pour une catastrophe naturelle, le Code des assurances prévoit 5 jours de relogement d'urgence, prolongeables jusqu'à 6 mois à compter du premier jour de relogement si vous ne pouvez pas réintégrer votre résidence principale.
Les frais de relogement sont-ils soumis à la franchise ?
Cela dépend du contrat. Une franchise unique s'applique souvent à l'ensemble du sinistre, et non à chaque poste. Vérifiez qu'elle n'est pas déduite deux fois (une fois sur les dommages, une fois sur le relogement).
Je suis bailleur : mon locataire est parti, suis-je indemnisé ?
Le relogement du locataire relève de son propre contrat. Vous, bailleur, êtes concerné par la perte de loyers, couverte seulement si votre contrat (propriétaire non occupant ou multirisque) prévoit cette garantie. Bail, quittances et preuve de l'inhabitabilité sont alors indispensables.

Ce qu'il faut retenir

La garantie relogement finance l'hébergement quand le sinistre rend le logement inhabitable, dans la limite d'un plafond et d'une durée à vérifier au contrat. Faites acter l'inhabitabilité par l'expert, obtenez un accord écrit avant d'engager les frais, conservez chaque justificatif et demandez la prolongation avant l'échéance. En catastrophe naturelle, le Code des assurances garantit en plus un relogement d'urgence minimal. Les garanties facultatives du contrat habitation sont présentées sur service-public.gouv.fr.

Votre sinistre mérite une contre-expertise

Décrivez votre dossier en 2 minutes. Un cabinet d'experts d'assuré vous répond sous 24 h pour défendre votre juste indemnisation.

Demander une contre-expertise
Gratuit et sans engagement
Demander une contre-expertise
Gratuit et sans engagement